Gestion de trésorerie

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Gestion de trésorerie : à chaque crise, son remède; cependant mieux vaut anticiper car les solutions seront plus faciles à mettre en œuvre.

1. à chaque crise son remède

Une crise de trésorerie peut avoir différentes causes :

Une croissance trop rapide du chiffre d’affaires par rapport à la rentabilité dégagée

Le besoin en Fonds de Roulement (BFR) augmente à la vitesse du chiffre d’affaires ; les bénéfices sont insuffisants, le déficit de trésorerie se creuse doucement.

Les remèdes : Privilégier les produits à meilleure marge pour reconstituer la trésorerie, ralentir la croissance des produits à marge insuffisante, chercher tous les leviers d’amélioration de la rentabilité et de diminution du BFR, accélérer les encaissements, si l’activité s’y prête développer les paiements d’acomptes.

Une insuffisante gestion de trésorerie, une absence d’anticipation

Le besoin en Fonds de Roulement augmente plus vite que le chiffre d’affaires, par exemple à cause de commandes et d’un stockage de produits malgré le ralentissement des ventes, d’une absence de relance impayés et d’un allongement des délais de paiement clients.

Les remèdes : Mettre en place les outils d’anticipation des besoins de trésorerie (voir ci- dessous « le plan de trésorerie »). Gérer l’encours clients : revoir le processus de relance des clients pour paiement, mettre en place un versement d’acompte à la commande Gérer les stocks : réduire les stocks au strict minimum nécessaire, commander la marchandise au moment de l’achat. Négocier les conditions de paiement des fournisseurs.

Un mauvais investissement ou un mauvais financement

La trésorerie générée par l’activité ne suffit pas pour financer l’investissement ou rembourser les échéances d’un emprunt.

Les remèdes : Dans l’urgence, apporter les capitaux nécessaires pour soulager le besoin en trésorerie : capitaux propres, emprunt, mise en place d’un leasing ou crédit-bail, cession de créances (voir ci-dessous), cession de matériel non indispensable (si valeur marchande). Négocier un report des remboursements de dettes, les rééchelonner. Relancer l’activité, se repositionner. Mais il vaut mieux, pour éviter ces situations difficiles, anticiper le besoin lié à l’investissement avec des projections financières réalistes et estimer les risques du projet en amont, puis piloter le démarrage de l’activité en en suivant le développement en temps réel.

Baisse d’activité : le chiffre d’affaires diminue.

Les dettes fournisseurs peuvent rester identiques si la baisse d’activité n’a pas été anticipée, et puisque les créances clients diminuent, la trésorerie s’améliore dans un 1er temps avant de se dégrader brutalement.

Les remèdes : Si la baisse du chiffre d’affaires n’a pas été anticipée, si nécessaire, il faudra apporter des capitaux pour financer la trésorerie le temps de relancer l’activité. Avoir négocié en amont une ligne de crédit court terme avec la banque peut être d’un grand secours. Cela laissera un peu de temps pour analyser les causes de la baisse de chiffre d’affaires, se repositionner sur le marché, adapter l’offre.

Cessation de paiement, le passif exigible ne plus être payé avec l’actif disponible.

L'entreprise ne parvient plus à régler ses dettes : salarié, fournisseur, bailleur, trésor public, sécurité sociale,...

Les remèdes - les moyens juridiques de prévention

Quatre procédures sont à disposition du chef d'entreprise avant la liquidation : le mandat ad hoc, la conciliation, la procédure de sauvegarde, la procédure de redressement judiciaire.

Le mandat ad hoc et la conciliation sont des procédures amiables et confidentielles de prévention des difficultés des entreprises, initiées par le chef d'entreprise. Elles recherchent un accord avec des créanciers [banque, fournisseurs…].

La sauvegarde est également demandée par le chef d'entreprise. Elle vise à établir un plan qui permette la poursuite de l'activité. L'entreprise traverse des difficultés mais n'est pas en cessation de paiement.

Le redressement judiciaire est la dernière étape avant la liquidation de l'entreprise. Une entreprise en cessation des paiements doit demander l'ouverture de la procédure de redressement ou de liquidation judiciaire dans un délai de 45 jours au plus tard suivant la date de cessation des paiements. L’objectif du redressement judiciaire est d’observer ce que devient l’entreprise sans ses «casseroles ». La dette, selon sa nature, est effacée ou rééchelonnée. Le plan de redressement est mis en place sous la tutelle de l’administrateur et vise à permettre à l'entrepreneur de voler de nouveau de ses propres ailes.

2. Le plan de trésorerie

L'outil indispensable pour prévoir les besoins.

Une bonne gestion de trésorerie inclut nécessairement la mise en place et le suivi du plan de trésorerie. Celui-ci présente toutes les entrées et sorties d’argent sur une période (par exemple sur une année, les flux mensuels). Il permet de connaître à l’avance les besoins de trésorerie et d’anticiper les solutions.

Un bon plan de trésorerie doit être simple d'utilisation et précis, sans l'être trop.... Vous devez pouvoir anticiper correctement votre besoin et mettre à jour le plan sans y passer trop de temps.

La mise à plat de l'organisation et du modèle économique est une aide précieuse pour la construction du plan.

Les points de vigilance : le démarrage qui génère souvent plus de décaissements que d’encaissements ; la saisonnalité (toute activité a des saisons creuses) ; les décaissements décalés dans le temps (charges sociales et fiscales notamment).

Anticiper les périodes de déficit de trésorerie permet de négocier plus efficacement avec la banque.

En cas de difficulté dans votre gestion de trésorerie ou pour anticiper les crises et les éviter, contactez-nous

3. Les financements

Prévoir les solutions avant que les problèmes ne surgissent. Voilà l'un des enjeux majeurs de la gestion de trésorerie.

Les crédits à court terme (moins d’un an) ont pour objet de financer un besoin de trésorerie.

Le découvert bancaire est un crédit utilisable par débit du compte de dépôt.

Le découvert "temporaire" se produit si un chèque ou un prélèvement se présente au débit de votre compte et que vous n’avez pas la provision suffisante. La banque peut prendre la décision de le régler. En cas de difficultés passagères, il est recommandé d’en informer immédiatement la banque en vue d’envisager conjointement les solutions et afin d’éviter tout rejet de prélèvement ou de chèque, et le risque d’être inscrit sur l’un des fichiers tenus par la Banque de France (utilisation abusive de carte bancaire, chèque sans provision ou incident de paiement caractérisé).

La facilité de caisse ou facilité de trésorerie est un découvert remboursable, autorisé pour un montant et une durée déterminés de moins d’1 mois. Il implique un accord préalable de la banque. Les modalités (montant, durée, utilisation, frais et taux d’intérêt débiteur applicables) sont précisées dans une convention de compte.

Une ligne de crédit peut être mise en place pour un an et être renouvelée par la banque sous certaines conditions.

L'escompte permet de recevoir immédiatement l’argent d’une créance. La banque achète la créance client de l'entreprise (effet de commerce). En cas d'impayé, la banque peut se retourner contre le remettant (l’entreprise) en le débitant ou poursuivre le tiré (le client de l’entreprise).

La cession Dailly permet, comme l’escompte, d’anticiper un encaissement. Mais à la différence de l'escompte, le transfert de propriété se fait sans l'intervention du client (qui peut ne pas avoir connaissance du transfert). Cela fait gagner le temps lié au délai d’acceptation de la cession de créance.

L'affacturage permet également d’anticiper un encaissement. La cession de créance se fait au bénéfice d'une société, le "factor", qui achète la créance et l’encaisse. La société d’affacturage peut également proposer à l’entreprise contre rémunération une assurance-crédit aux fins de la protéger du risque d'insolvabilité de son client et peut se charger des relances clients et de la gestion des impayés.

Le crédit-bail permet d'acquérir des biens (mobiliers ou immobiliers) à l'issue d'une période de location. Il permet d’utiliser immédiatement un matériel sans avoir eu à décaisser le montant total de sa valeur au moment de sa mise en exploitation. Le leasing est un contrat de location longue durée. Le lease-back consiste à vendre un actif que l’on loue immédiatement. L’entreprise continue à utiliser l’actif sans en être propriétaire. Un lease-back permet de réinjecter rapidement de la trésorerie.

Surveillez votre cotation personnelle de dirigeant et celle de votre entreprise.

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